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le blogue-notes de anne-marie dutilh

MADAME

3 Mai 2021, 09:29am

Publié par Anne-Marie DUTILH

MADAME

Madame

C’est encore à vous que je prie

Comme aux temps sages de l’innocence

Les mains jointes à genoux à la semelle du lit

Soumise à dieu je ne sais qui

Madame

C’est encore à vous que je prie

 

Madame

C’est encore à vous que je prie

Ces mots comme la litanie de Notre Père et je vous salue Marie

Madame

Est-ce que j’ai bien compris ?

 

Madame

C’est à vous que j’adresse encore un cri

Vous qui savez infiniment la fracture qu’est la vie

C’est entre vos mains que je dépose mes armes

Comme on offre en dernier recours ses dernières larmes

Madame

 

Madame

Je pose en offrande à votre regard

Les reliques d’un journal imparfait

Ma mélancolie.

 

 

 

 

Anne-Marie Dutilh

 

Selon le code de la propriété intellectuelle, tous droits réservés pour tous pays © Éditions L'Écritoire du Reguin.

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Publié depuis Overblog et Facebook

15 Avril 2021, 09:00am

Publié par Anne-Marie DUTILH

Ô toi source

Que caresse de sa main rugueuse le délire

Toi qui longe à petites gouttes de lune les franges de ta délivrance

Entend

Dans les brumes pâles du silence

Le vent sage qui fredonne à ton oreille éloignée sa complainte tamisée

Entend

Dans la cachette gibbeuse de l'absence

Le vent discret

Qui chuchote

Ses certitudes mélancoliques dans l'étang de l'existence

Et donne-nous encore ta main

Pour butiner un je t'aime final

Aux cils du soir 

 

Anne-Marie Dutilh

 

 

Selon le code de la propriété intellectuelle, tous droits réservés pour tous pays © Éditions L'Écritoire du Reguin.

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BULLE DE VERRE

5 Avril 2021, 18:50pm

Publié par Anne-Marie DUTILH

Il était une fois, posée sur l’angle d’une grande cheminée de pierre blanche, une bulle de verre habitée par un petit poisson. Une bulle cristalline et bien potelée. Une bulle de verre dans laquelle des enfants joyeux avaient créé un décor d’agates et de plantes de nylon. Un décor simple pour un petit poisson vermillon qui coulait des jours heureux. Un petit poisson énergique aux nageoires vaporeuses et transparentes. Un petit poisson prénommé Arthur.

 

Un matin alors qu’il se préparait à prendre son petit déjeuner, Arthur, senti dans sa bouche une chose étrange qui ne craquait pas sous la dent. Alors Arthur mordit plus fort mais rien n’y fit. Il du rejeter ce qu’il pensait être un aliment. Et oh! surprise lorsqu’il vit tomber dans l’eau claire de sa bulle de verre, une petite dent. Arthur venait de perdre sa première dent. Une dent de plancton comme on dit chez les poissons.

 

Alors ce soir, comme le lui a apprit sa maman, Arthur déposera, du bout des lèvres, avec une délicatesse non retenue, sa dent sur la feuille de son nénuphar. Et pendant son sommeil Rigolo, le chat qui rôde régulièrement autour de la bulle de verre prendra la dent et remettra à Arthur une pépite de daphnie.

 

Anne-Marie Dutilh

 

Extrait du recueil petites élégies profanes - dépôt légal 4ème trimestre 2002

 

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LES QUATRE SAISONS : Le Printemps

20 Mars 2021, 10:37am

Publié par Anne-Marie DUTILH

LES QUATRE SAISONS : Le Printemps

Allegro
Voici le Printemps,
Que les oiseaux saluent d'un chant joyeux.
Et les fontaines, au souffle des zéphyrs,
Jaillissent en un doux murmure.

Ils viennent, couvrant l'air d'un manteau noir,
Le tonnerre et l'éclair messagers de l'orage.
Enfin, le calme revenu, les oisillons
Reprennent leur chant mélodieux.


Largo
Et sur le pré fleuri et tendre,
Au doux murmure du feuillage et des herbes,
Dort le chevrier, son chien fidèle à ses pieds.


Allegro
Au son festif de la musette
Dansent les nymphes et les bergers,
Sous le brillant firmament du printemps.

 

Antonio Vivaldi

Poème « Le printemps » extrait des quatre saisons


 

* Prêtre catholique, le maestro, Antonio Vivaldi est né à Venise le 4 mars 1678. Il est mort à Vienne le 28 juillet 1741. Virtuose du violon il est admiré et reconnu comme l'un des plus importants compositeurs de la période baroque. Sa renommée franchit les frontières de l'Italie et de l'Europe. A mon oreille primitive, le « quattro stagioni », composé vers 1723, est un hymne par excellence à la nature. Je partage avec vous le poème « La primavéra » en attendant les saisons suivantes. Anne-Marie Dutilh

 

 

 

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LE PASSAGER ORDINAIRE

8 Mars 2021, 00:22am

Publié par Anne-Marie DUTILH

Ce n'est pas un passager ordinaire. Ce n'est pas un étranger apprivoisable. C'est un migrant opportuniste qui fait parler de lui avec antipathie. Il arrive en sourdine. Il avance à pas lent et déterminé. Rien pour le détourner. Rien pour le barricader. Rien pour l'arrêter. Pas de barrière. Pas de mur. Pas de barbelé. Il ne se présente pas. Il s'impose. Il ne choisit pas sa cible. Il n'a pas de cible. Tout être vivant est prévisible cible. Il n'a pas d'ennemi, pas d'ami non plus. Il fait son lit sans bruit dans le corps sage ou insoumis, tel un adopté indésirable, inévitable, tel un pieux compagnon d'avancé. Il n'abandonne ni le corps, ni l'âme, qu'il grignote sans complexe à petite lippée avec sa persistance déterminée.

Il y a les mots simples pour le nommer et tant de locutions complexes qu'il est difficile de se frayer un chemin sur le front obscur de son histoire. Il fait couler de l'encre ébène et des larmes cristallines. Il tourne la tête des explorateurs, ces sourciers qui scrutent en permanence l'intimité de la vie, et celles de ces émissaires éteints à la déclaration de cet envahisseur qui va réduire jusqu'à l'anéantissement sa cible.

Sur le mur de l'existence il grave son ardeur menteuse sans remord, sans scrupule et la cible choisie glisse lentement dans son histoire avec pour seul horizon, la persistance du sursis.

 

Anne-Marie Dutilh

 

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LA FEMME CHAUVE

21 Février 2021, 10:06am

Publié par Anne-Marie DUTILH

Ce matin est un matin comme les autres matins. Enfin pas tout à fait. Depuis l'automne, quand l'aiguille diabolique s'était plantée, insidieusement, dans sa poitrine rien ne devait plus ressembler à rien. Surtout pas au passé. Et pourtant elle cheminait avec ce passager cloîtré sans complexe dans son corsage et sa horde de remèdes de haute voltige  prédiquant une hypothétique guérison . Ce matin là,  comme les autres matins elle glissa ses longs doigts raidis et ridés par les années défilées, dans sa chevelure un peu blonde, un peu grise, blond-grisé peut-être. Et même si elle savait son avenir. Si elle était préparée à cette inéluctable séparation. Si elle l'attendait même avec une particulière attention, était-elle réellement prête à se soumettre de front à cette nouvelle physionomie, qu'elle découvrirait à travers le tain d'un miroir. Crâne déserté, glabre, nu, comme le crâne d'un enfant nouveau né. A peine une brève réflexion, la décision était prise, demain elle serait la femme chauve. Sans tristesse, sans angoisse, sans ombre, sans soleil, elle ferait tondre sa toison protectrice et découvrirait sa tête nue qu'elle coifferait d'un chapeau de feutre noir pour protéger sa matière grise des morsures de hiver, en attendant un nouveau printemps.

C'est une évidence le printemps revient toujours après l'hiver.

Anne-Marie Dutilh

 

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JE T'AIME...

14 Février 2021, 00:01am

Publié par Anne-Marie DUTILH

SOUVIENS-TOI

SOUVIENS-TOI

Je t'aime dans le temps. Je t'aimerai jusqu'au bout de mon temps. Et quand le temps sera écoulé, alors je t'aurai aimée. Et rien de cet amour, comme rien de ce qui a été, ne pourra jamais être effacé...

Jean d'Ormesson

Extrait de : Un jour je m'en irai sans avoir tout dit

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LA DISCIPLINE IMPOSSIBLE

9 Février 2021, 11:35am

Publié par Anne-Marie DUTILH

Le silence déviationniste est lourd tout autour
Pourtant sous les masques grince un vent d'indignation

Et collaborent des commentaires vitriolés
Qui a lancé le furieux projectile

Qui a propagé l'éprouvette de poison guerrier
Qui a osé laisser la porte de la camarde grande ouverte
Et combien survivront
Si peu
Une nouvelle ère guerrière est déclarée
Virale fratricide informulée qui inonde le monde

Et impose la discipline impossible
Mais la rébellion gronde dissimulée derrière les masques de la colère...

 

Anne-Marie Dutilh

Confinement Mars2020

 

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L'OPUS DU SONGE

1 Février 2021, 00:30am

Publié par Anne-Marie DUTILH

Que tous ceux

Qui ont frôlé l'université de son regard

Caressé l'épigraphe de ses secrètes pensées

Ne puissent jamais l'oublier

 

Que tous ceux qui ne l'ont pas su l’apprennent

 

L'amour plus puissant que toute force de vivre

L'éternité phare apostolique de l’existence

Ne connaissent pas le blasphème des frontières du silence

 

A l'opus du songe

Qui sait draper d'obscur

Ses longs doigts de lumière agrippés aux aiguilles du temps

Il n'est pas de temps mort

 

Alors

Apprendre au revers des ombres

Que tout est écrit

En symbole aux feux brûlants des mémoires

Et avoir encore la force d'y croire...

 

Anne-Marie Dutilh

Extrait du recueil à fil d'elle ©La Taverne aux Poètes - Angers - 1998 

Selon le code de la propriété intellectuelle, tous droits réservés pour tous pays © Éditions L'Écritoire du Reguin.

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GILI SWING

17 Janvier 2021, 00:47am

Publié par Anne-Marie DUTILH

GILI SWING

Par un matin de sagesse

Un messager bienveillant dépose dans la boite aux lettres un colis patienté

Vite

Dévêtir l'objet du délire de sa robe de papier

Surprendre dans sa douillette pelisse l'objet convoité

Et se perdre dans l'imaginaire exaltant de la découverte

Dans la retenue de sa pochette un soleil éclatant invite l'émotion

Avec politesse confisquer le soleil à son écrin

Le poser en délicatesse dans la boite à musique

Et à toute volée

Inonder la maison de résonance sans complexe...

 

C'est parti pour un merveilleux voyage avec Gili Swing . Le quartet est fidèle à lui même, la voix, la contrebasse, les guitares et en prime les cuivres du Pacific Big Band .

Alors si vous étiez hésitants plus la peine, écoutez, vibrez, à cet enchantement et consommez sans modération.

 

Anne-Marie Dutilh

 

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