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le blogue-notes d'anne-marie dutilh

POESIES CHOISIES

12 Septembre 2020, 17:24pm

Publié par Anne-Marie DUTILH

L'OISEAU EN PRIERE Huile sur Toile B.BARTHELEMY collection privée

L'OISEAU EN PRIERE Huile sur Toile B.BARTHELEMY collection privée

VOYAGEUR DE LA NUIT

 

 

Je marche sur des chemins bleus

Que l'on ouvre le soir.

 

Les pluies de l'hiver

Ont déjà clos mes yeux

Mais je viens te revoir.

 

J'ai vu ces cavaliers le long du fleuve glauque

Lointains s'en sont allés

Armes aux poings

Colère

Poussière d'hommes sans retour.

 

Je marche sur des chemins bleus

Que l'on ouvre le soir.

 

Bateliers, arrêtez !

Les pêcheurs ont tendus des filets.

Amasseurs d’espérance,

Le vent sème d'autres trésors :

Tendez vos mains pour l'unité.

 

J'ai souvenir des brumes épaisses

Retombées lourdement aux nuits sombres.

Voyageurs de froidure,

Toi qui vient des ténèbres,

Accepte mon sourire,

Prends l'écuelle et partage.

 

Je marche sur des chemins bleus

Que l'on ouvre le soir.

 

J'ai vu tes vieilles mains caleuses

Épuisées par la terre

J'ai vu ton vieux visage

Buriné par la houle et la tempête,

Je vous sais bâtisseurs d'espérance

Et par tout l'univers,

 

Je marche sur des chemins bleus

Que l'on ouvre le soir.

 

Poème de JEAN-FRANCOIS CORNU

Extrait du recueil : ET MA CROIX S'EST ENDORMIE

Éditions la Taverne aux Poêtes- Angers- 1971

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PENSEES D'AOÛT

7 Août 2020, 18:07pm

Publié par Anne-Marie DUTILH

Totem d'Eté 5 Août 2020

Totem d'Eté 5 Août 2020

Les totems de paille d'été s'élèvent sur les mosaïques des glèbes assoupies

Et dans la lenteur accomplie d'une souveraine sagesse la dernière lueur du jour offre sa panoplie de pastels

Plus tard, un croissant de lune dévoilera à son apogée une nouvelle embellie...

Anne-Marie Dutilh

Selon le code de la propriété intellectuelle, tous droits réservés Anne-Marie Dutilh © Éditions L'Écritoire du Reguin

Pour toutes informations sur les textes à la feuille et les recueils publiés Cliquez ici

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PENSÉE DE JUILLET

24 Juillet 2020, 16:21pm

Publié par Anne-Marie Dutilh

Un Ami est une Âme jumelle dont la présence demeure même dans l'absence.

Anne-Marie Dutilh

Selon le code de la propriété intellectuelle, tous droits réservés Anne-Marie Dutilh © Editions L'Écritoire du Reguin

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PENSEE DE JUILLET

1 Juillet 2020, 09:52am

Publié par Anne-Marie DUTILH

Pensée de Faro Mai 2019

Pensée de Faro Mai 2019

La lumière sera là où tu l'allumeras
Dans les voix langoureuses des femmes qui chantent le fado
Dans les arpèges des nocturnes de Chopin
Dans les yeux clairs des marins 
Dans la scansion des poètes noctambules
La lumière sera là où tu l'allumeras...

 

Anne-Marie Dutilh

Selon le code de la propriété intellectuelle, tous droits réservés Anne-Marie Dutilh © Editions L'Écritoire du Reguin. Pour toutes informations sur les textes à la feuille et les recueils publiés Cliquez ici

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ECLIPSE

13 Juin 2020, 17:34pm

Publié par Anne-Marie DUTILH

Apprivoiser nos regards blafards

A la lumière écliptique
De nos chemins d'existence


Traverser la nuit
En jetant sur nos sommeils
Des sourires aveugles


Et l’enfance se perd
Dans le silence d'inquiétude
Et l’absence s'installe
Sur un rictus colérique


Et lorsque le regard parjure le cœur
Dans les abîmes de rancœur
Reste t-il un semblant d’espoir ?

Anne-Marie Dutilh

Selon le code de la propriété intellectuelle, tous droits réservés Anne-Marie Dutilh © Editions L'Écritoire du Reguin

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UNE QUESTION de GIORGIO AGAMBEN

16 Mai 2020, 16:43pm

Publié par Anne-Marie DUTILH

UNE QUESTION de Giorgio Agamben paru dans lundimatin#239, le 20 avril 2020

 

« Après la déclaration de l’état d’urgence pour risque sanitaire le 31 janvier, les décrets-lois des 8 et 9 mars 2020 ont institué en Italie un régime d’exception justifié par le Covid-19 qui restreint drastiquement les libertés individuelles. Considérant le désastre qui frappe son pays, Giorgio Agamben énonce les effets terribles de mesures politiques sans précédent, amenant un basculement historique que la peur de la mort semble occulter. Le réquisitoire invoque une responsabilité collective et une démission de l’autorité morale laissant saper les fondements d’une culture et ruiner le socle démocratique. Si le cauchemar politique risque de durer, comment ne pas voir ce que l’on voit ?

La peste marqua, pour la ville, le début de la corruption… Personne n’était plus disposé à persévérer dans la voie de ce qu’il jugeait auparavant être le bien, parce qu’il croyait qu’il pouvait peut-être mourir avant de l’atteindre.
Thucydide, La Guerre du Péloponnèse, II, 53

Je voudrais partager avec qui en a envie une question à laquelle, depuis maintenant plus d’un mois, je ne cesse de réfléchir. Comment a-t-il pu advenir qu’un pays tout entier, sans s’en rendre compte, se soit écroulé éthiquement et politiquement, confronté à une maladie ? Les mots que j’ai employés pour formuler cette question ont été, un à un, attentivement pesés. La mesure de l’abdication des principes éthiques et politiques qui nous sont propres est, en effet, très simple : il s’agit de se demander quelle est la limite au-delà de laquelle on n’est pas disposé à y renoncer. Je crois que le lecteur qui se donnera la peine de considérer les points qui suivent ne pourra pas ne pas convenir – sans s’en rendre compte ou en feignant de ne pas s’en rendre compte – que le seuil qui sépare l’humanité de la barbarie a été franchi.

I) Le premier point, peut-être le plus grave, concerne les corps des personnes mortes. Comment avons-nous pu accepter, seulement au nom d’un risque qu’il n’était pas possible de préciser, que les personnes qui nous sont chères et les êtres humains en général non seulement mourussent seuls – chose qui n’était jamais arrivée auparavant dans l’histoire, d’Antigone à aujourd’hui – mais que leurs cadavres fussent brûlés sans funérailles ?

2) Nous avons ensuite accepté sans que cela nous pose trop de problèmes, seulement au nom d’un risque qu’il n’était pas possible de préciser, de limiter dans une mesure qui n’était jamais advenue auparavant dans l’histoire du pays, ni même durant les deux guerres mondiales (le couvre-feu durant la guerre était limité à certaines heures), notre liberté de mouvement. Nous avons en conséquence accepté, seulement au nom d’un risque qu’il n’était pas possible de préciser, de suspendre de fait nos liens d’amitié et d’amour parce que notre prochain était devenu une possible source de contagion.

3) Cela a pu advenir – et l’on touche ici la racine du phénomène – parce que nous avons scindé l’unité de notre expérience vitale, qui est toujours inséparablement corporelle et spirituelle, en une entité purement biologique d’une part et une vie affective et culturelle d’autre part. Ivan Illitch a montré, et David Cayley l’a ici [1] rappelé récemment, les responsabilités de la médecine moderne dans cette scission, qui est donnée pour acquise et qui, pourtant, est la plus grande des abstractions. Je sais bien que cette abstraction a été réalisée par la science moderne avec les dispositifs de réanimation, qui peuvent maintenir un corps dans un état de pure vie végétative.

Mais si cette condition s’étend au-delà des frontières spatiales et temporelles qui lui sont propres, comme on cherche aujourd’hui à le faire, et devient une sorte de principe de comportement social, on tombe dans des contradictions sans issue.

Je sais que quelqu’un s’empressera de répondre qu’il s’agit d’une condition limitée dans le temps, que celle-ci une fois passée, tout redeviendra comme avant. Il est vraiment singulier que l’on puisse le répéter si ce n’est de mauvaise foi, du moment que les mêmes autorités qui ont proclamé l’urgence ne cessent de nous rappeler que, quand l’urgence sera surmontée, il faudra continuer à observer les mêmes directives et que, la « distanciation sociale », comme on l’a appelée suivant un euphémisme significatif, sera le nouveau principe d’organisation de la société. Et en tout cas, ce que, de bonne ou de mauvaise foi, l’on a accepté de subir ne pourra pas être effacé.

Je ne peux pas, à ce point précis, puisque j’ai accusé la responsabilité de chacun de nous, ne pas mentionner les responsabilités encore plus graves de ceux qui auraient eu le devoir de veiller sur la dignité de l’homme. Avant tout l’Église qui, se faisant la servante de la science, devenue désormais la religion de notre temps, a radicalement renié ses principes les plus essentiels. L’Église, sous un pape qui se nomme François, a oublié que François embrassait les lépreux. Elle a oublié que l’une des œuvres de la miséricorde est celle de visiter les malades. Elle a oublié que les martyrs enseignent qu’on doit être disposé à sacrifier la vie plutôt que la foi et que renoncer à son prochain signifie renoncer à la foi. Une autre catégorie qui a manqué à ses devoirs est celle des juristes. Nous sommes habitués depuis longtemps à l’usage inconsidéré des décrets d’urgence par lesquels, de fait, le pouvoir exécutif se substitue au législatif, abolissant le principe de séparation des pouvoirs qui définit la démocratie. Mais dans le cas présent, toute limite a été dépassée, et l’on a l’impression que les mots du premier ministre et du chef de la protection civile ont, comme on disait pour ceux du Führer, immédiatement valeur de loi. Et l’on ne voit pas comment, une fois épuisée la limite de validité temporelle des décrets d’urgence, les limitations de la liberté pourront être, comme on l’annonce, maintenues. Avec quels dispositifs juridiques ? Avec un état d’exception permanent ? Il est du devoir des juristes de vérifier comment sont respectées les règles de la constitution, mais les juristes se taisent. Quare silete iuristae in munere vestro ?

Je sais qu’il y aura immanquablement quelqu’un pour me répondre que, même s’il est lourd, le sacrifice a été fait au nom de principes moraux. À celui-là, je voudrais rappeler qu’Eichmann, apparemment en toute bonne foi, ne se lassait pas de répéter qu’il avait fait ce qu’il avait fait selon sa conscience, pour obéir à ceux qu’il retenait être les préceptes de la morale kantienne. Une loi qui affirme qu’il faut renoncer au bien pour sauver le bien est tout aussi fausse et contradictoire que celle qui, pour protéger la liberté, impose de renoncer à la liberté.»

Giorgio Agamben est un philosophe italien né en 1942 à Rome

Traduction (Florence Balique), à partir du texte italien publié sur le site Quodlibet, le 13 avril 2020 :

https://www.quodlibet.it/giorgio-agamben-una-domanda[1] Voir l’article en ligne :
https://www.quodlibet.it/david-cayley-questions-about-the-current-pandemic-from-the-point

 

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PASSIONNEMENT

10 Mai 2020, 15:39pm

Publié par Anne-Marie DUTILH

PASSIONNEMENT

Ce fut un sourire échangé

Un clin de cil sur la rondeur du jour

Une histoire nouvelle

Comme un nouveau poème

...

Une passion jamais abîmée

De sourire échangé

En passion érudite

​​​​​​​

Le temps roulotte sa ronde

Malicieux

Impertinent

Indomptable

Dans les ressacs de l’existence

Ou la douleur Amère et le verbe Aimer

​​​​​​​Souffrent le mascaret de leurs lèvres encore humides.

 

Anne-Marie Dutilh

 Selon le Code de la Propriété Intellectuelle, tous droits réservés Anne-Marie Dutilh © Copyright by Editions L'Ecritoire du Reguin http://www.copyrightfrance.com/ . 

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CONFINEMENT...

24 Avril 2020, 11:23am

Publié par Anne-Marie DUTILH

CONFINEMENT...

INVICTUS

 

Dans les ténèbres qui m'enserrent

Noires comme un puits où l'on se noie

Je rends grâce aux dieux, quels qu'ils soient

Pour mon âme invincible et fière.

Dans de cruelles circonstances

Je n'ai ni gémi ni pleuré

Meurtri par cette existence

Je suis debout, bien que blessé.

En ce lieu de colère et de pleurs

Se profile l'ombre de la Mort

Je ne sais ce que me réserve le sort

Mais je suis, et je resterai sans peur.

Aussi étroit soit le chemin

Nombreux, les châtiments infâmes

Je suis le maître de mon destin

Je suis le capitaine de mon âme.

 

William Ernest Henley 1843-1903

 

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PENSÉE DE MARS

30 Mars 2020, 17:52pm

Publié par Anne-Marie DUTILH

PENSÉE DE MARS

"Le cœur si petit soit-il  [...] est une source fraîche où chacun peut goûter le philtre de tendresse."

 

Anne-Marie Dutilh

 

Selon le code de la propriété intellectuelle, tous droits réservés Anne-Marie Dutilh © Editions L'Écritoire du Reguin

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AU PRINTEMPS !

20 Mars 2020, 11:03am

Publié par Anne-Marie DUTILH

AU PRINTEMPS !

En ces jours difficiles qui perturbent nos habitudes je partage avec vous ces quelques pensées printanières issues des ouvrages de Kalill Gibran poète et artiste peintre libanais. Bonne lecture prenez soin de vous et de vos proches.

En automne, je récoltai toutes mes peines et les enterrai dans mon jardin. Lorsque avril refleurit et que la terre et le printemps célébrèrent leurs noces, mon jardin fut jonché de fleurs splendides et exceptionnelles.

Si l'hiver disait, le printemps est dans mon cœur, qui croirait l’hiver !

Les fleurs du printemps sont les rêves de l'hiver racontés, le matin, à la table des anges.

 

Citations de Khalil Gibran. 1883-1931

 

Anne-Marie Dutilh

Selon le code de la propriété intellectuelle, tous droits réservés Anne-Marie Dutilh © Ecritoire du Reguin. 

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