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le blogue-notes d'anne-marie dutilh

PENSEE ANDALOUSE

25 Septembre 2016, 20:22pm

Publié par Anne-Marie DUTILH

Racines de magnolia Cordoue 2016 photo amd

Racines de magnolia Cordoue 2016 photo amd

L'arbre est un philosophe (...) ses doigts puisent dans le ventre de la terre les secrets de la vie (...) ses ramures élèvent au ciel les fruits des prières que seul le Très-Haut sait encore entendre.

 

Anne-Marie Dutilh

Tous droits réservés Anne-Marie Dutilh Copyright by  L'Ecritoire du Reguin

Pour plus d'informations sur l'intégral des textes à la feuille et des recueils  Cliquez ici

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TRANSMETTRE LA HAUTE MUSIQUE DES MONDES

10 Septembre 2016, 12:09pm

Publié par Anne-Marie DUTILH

Transmettre la haute musique des mondes, le son du hautbois, de la flûte, de la harpe.

Matić* nommait les ombres des étoiles.

Nommer les étoiles mêmes, c’est bien mieux. La quiétude.

L’harmonie des sphères.

Il n’est rien à l’intérieur. Dans ce rien

Vit une mer paisible qui sourit par les vagues imaginaires des mots.

Connaître les mots. Connaître à force d’usage leur merveilleuse précision.

Transmettre les étendues que j’ai vues, en-dehors de toute mort.

Une lumière est à l’intérieur. Par elle je brille et je vis.

Ne sens-tu pas comme elle te caresse et te réchauffe avec douceur ?

Connaître les arbres. À cela aussi les livres sont nécessaires.

Pour le changement des saisons, pour de longues observations des cieux,

Pour un regard béat à travers les télescopes, pour les petites choses qui vivent autour de nous.

Que de couleurs pour les feuilles à l’automne ! Le matin : un pain sec, nourricier,

Trois croissants, un jus d’orange. Cela aussi nourrit et réchauffe. Cela aussi réjouit.

Le promeneur embrasse de son regard les couronnes des arbres, celles-ci embrassent,

Absorbent, de par leur vision, telle un oeil énorme, le promeneur.

Ne faisons-nous, toutefois, que nommer les ombres des étoiles ?

Lisons-nous avec suffisamment d’attention les poèmes, les âmes,

Demandons-nous en vain que l’âme dans l’âme se reconnaisse ?

Oui, peut-être suis-je passé à côté de tout, comme ce temps qui m’a dépassé.

Toutefois, je brille. Et toi, est-ce que tu brilles ?

 

Radivoj Stanivuk

Poète et nouvelliste, critique littéraire et essayiste, Radivoj Stanivuk , grand esthète, est né en 1960 à Zrenjanin, en en Voivodine de Serbie.

Extrait de Langueur et Colère sur serbica.fr

http://serbica.u-bordeaux3.fr/index.php/s-100/557-stanivuk-radivoj-1960

* Dušan Matić (Août 1898-Septembre 1980) est un poètte Serbe très actif dans le cadre du Belgrade surréaliste groupe. Il est né dans la ville serbe de Ćuprija et est mort à Belgrade, Yougoslavie.

 

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EXTRAIT DE LETTRE A UN JEUNE POETE

2 Septembre 2016, 09:48am

Publié par Anne-Marie DUTILH

[...] Cherchez en vous-mêmes. Explorez la raison qui vous commande d'écrire; examinez si elle plonge ses racines au plus profond de votre cour; faites-vous cet aveu : devriez-vous mourir s'il vous était interdit d'écrire. Ceci surtout : demandez-vous à l'heure la plus silencieuse de votre nuit; me faut-il écrire ? Creusez en vous-mêmes à la recherche d'une réponse profonde. Et si celle-ci devait être affirmative, s'il vous était donné d'aller à la rencontre de cette grave question avec un fort et simple "il le faut", alors bâtissez votre vie selon cette nécessité; votre vie, jusqu'en son heure la plus indifférente et la plus infime, doit être le signe et le témoignage de cette impulsion. Puis vous vous approcherez de la nature. Puis vous essayerez, comme un premier homme, de dire ce que vous voyez et vivez, aimez et perdez. N'écrivez pas de poèmes d'amour; évitez d'abord les formes qui sont trop courantes et trop habituelles : ce sont les plus difficiles, car il faut la force de la maturité pour donner, là où de bonnes et parfois brillantes traditions se présentent en foule, ce qui vous est propre. Laissez-donc les motifs communs pour ceux que vous offre votre propre quotidien; décrivez vos tristesses et vos désirs, les pensées fugaces et la foi en quelque beauté. Décrivez tout cela avec une sincérité profonde, paisible et humble, et utilisez, pour vous exprimer, les choses qui vous entourent, les images de vos rêves et les objets de votre souvenir. Si votre quotidien vous paraît pauvre, ne l'accusez pas; accusez-vous vous-même, dites-vous que vous n'êtes pas assez poète pour appeler à vous ses richesses; car pour celui qui crée il n'y a pas de pauvreté, pas de lieu pauvre et indifférent. Et fussiez-vous même dans une prison dont les murs ne laisseraient parvenir à vos sens aucune des rumeurs du monde, n'auriez-vous pas alors toujours votre enfance, cette délicieuse et royale richesse, ce trésor des souvenirs ? Tournez vers elle votre attention. Cherchez à faire resurgir les sensations englouties de ce vaste passé; votre personnalité s'affirmera, votre solitude s'étendra pour devenir une demeure de douce lumière, loin de laquelle passera le bruit des autres.

 

Rainer Maria RILKE extrait de lettre à un jeune poète

 

Rainer Maria Rilke, est un écrivain autrichien, né le 4 décembre 1875 à Prague, mort le 30 décembre 1926 à Montreux, en Suisse.

 

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