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le blogue-notes d'anne-marie dutilh

ORIENT LOINTAIN

8 Mai 2011, 09:15am

Publié par Anne-Marie DUTILH

Aujourd'hui encore, les clairons résonnent, les tambours roulent et les étendards flottent, pour nous redire combien de sacrifices humains, combien de souffrances  guerrières, combien de larmes jamais séchées et de nous rappeler :
"LA MEMOIRE SE TRANSMET L'ESPOIR SE DONNE".
Mais n'oublions pas que la liberté, cet élément vital pour l'Humanité, est toujours fragile, qu'en un bref instant, aveugle à notre esprit, elle peut disparaître sous le joug d'une dictature.
 
En cet instant, à l'heure ou sonnent les carillons de midi, des canons grondent encore tout autour de nous, pour que des femmes et des hommes en misère et en famine ne subissent plus la tyrannie.
Qu'en sera-t-il demain ?
Marc DELPHO pourrait nous dire...
 
Il était reporter de guerre sous le pseudonyme Marc Delpho mais il s'appelait  André-Marc Brunereau (1963-2001).
Depuis tout petit, il voulut voir "les infinis paysages" et les multiples visages que revêt l'humanité trop souvent désespérée. 
Il partit mais ne revint pas.
Sa courte vie est témoignage de l'incommensurable, tragique et perpétuel, besoin de pouvoir et de domination des humains sur leurs frères humains.
(Jeanne BRUNEREAU)

 

Dans cette ville toujours saisissable, jamais cernée,

L'aube armée de tous ces hommes en guenilles et en armes,

Surtout en armes.

Ils marchent, la brume, compagne jusqu'au bout,

Leurs maisons désertées, leurs corps investis

Regorgeant d'angoisse physique et imprimante.

L'antichambre de cette mort ne se lassera pas de célébrer

Leurs pas vers l'espoir, si souvent broyé, et ils se donneront

A l'ennemi, tapi dans sa nocturne supériorité.

Ta vue se trouble et ta tête tourne, tourne encore

Jusqu'à les aimer.

Leurs cendres dignes des présages les plus fous

De cet Orient lointain.

 

Marc DELPHO  (André-Marc BRUNEREAU) 

 

 ... Le soleil était à son déclin dans un amalgame de couleurs décadentes. un  grossier brassage de bruns et de grenats affadis s'enchevêtrait dans le pâle magma solaire qui s'affaissait comme on sonne la retraite devant un monde mutant que l'on ne reconnaît plus. La nuit tomba sur la solitude terrestre. Triomphatrices, suffisantes, les ténèbres tirèrent vivement leur voile d'obscurité sur le ciel et sur la terre, enserrant chaque homme dans une bulle de solitude et de désarroi. Dans le désert d’Aral, Stepan Nikitine discernait maintenant ses compagnons de route nocturne. La nostalgie, si le moral était fort ; le tourment et la peine, si le désespoir l’emportait ; la peur panique et paralysante, si l’obscurité étendait un voile dissimulant les dangers immédiats…

 

Marc DELPHO  (André-Marc BRUNEREAU)

Extrait de  : "le marin du désert", éditions KAILASH 2002

 

Je ne t'ai pas rencontré. Mais je te connais un peu, à travers le regard tendre et le doux souvenir d'une femme et d'un homme qui t'aimèrent et qui t'aiment encore d'un amour qui ne meurt pas, d'un amour qui ne peut pas mourir, d'un amour au delà de cette mort terrible qui t'a volé un après-midi de septembre 2001. 

Comme j'aurais aimé te connaître André-Marc. 

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Pascal CRESSIAUX 01/10/2011 01:06


Bonjour,
il manque quelques mots dans le texte d'André-Marc. Il faut écrire :
...
Ils marchent, la brume, compagne jusqu'au bout,
leurs maisons désertées, leurs corps investis,
regorgeant d'angoisse physique et imprimante.
...

Bien cordialement,
Pascal