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CE SOIR LA LUNE

30 Septembre 2021, 23:05pm

Publié par Anne-Marie DUTILH

CE SOIR LA LUNE

Ce soir la lune

S'est posée

Au dessus du mur d'à côté

Une lune juvénile

Juste au-dessus du mur

Au-dessus du jardin voisin

Le jardin qui côtoie le mien

Ce soir la lune

Égérie des veilleurs noctambules

Allume ses joyeuses pommettes

Charme mon œil poète étonné

A son manège indiscret

Elle trône

Comme prose contemporaine

Au-dessus de la plaine

Muse joufflue

Favorite de la nuit

Que les nuages courtisent

Élégants magiciens

Qui rebroussent chemin

Et cèdent leur place

L'espace d'une nuit

L'espace d'une lune.

 

Anne-Marie Dutilh

 

Selon le code de la propriété intellectuelle, tous droits réservés Anne-Marie Dutilh © Editions L'Écritoire du Reguin

Pour toutes informations sur les textes à la feuille et les recueils publiés Cliquez ici

 

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PAGE DE VIE

14 Septembre 2021, 23:05pm

Publié par Anne-Marie DUTILH

Sur la page blanche de l'existence

Coule une versée de temps

Comme règne une lente percée de patience

Et l'impatience demeure

 

S'il me fallait ouvrir la phrase

Sur un grain de page différent

J'aimerais

Que ma page soit une vie

Claire et légère

Comme un ruban de lumière

Irréfléchie

Comme un jeu éclaboussé d'eau vive

Souveraine

Comme un long poème

Inespérée

Toujours inachevée

Lentement étirée à la coulée de l'encre

Vers l'impossible retenue du temps

Que la paupière lucide n'ose pas encore disperser

 

J'aimerais sur ma page

La versée d'un soi-même griffonnée à la plume du temps

Que le temps embellit au bandeau bleu des fronces de solitude

Lorsque se penche la sage lassitude

Comme une phrase de silence sangloté à la marge habituée du temps

Comme les fuseaux de feu sur le brasier de l'existence accoutumée

 

J'aimerais sur ma page

Blanche immensément blanche

Relire encore les mêmes mots suaves

Ces mots qui troublent l'enfance de la vie

Ces mots tendres devenus différents sur la page du temps

Ces mots découragés ou ignorés au berceau des secrètes pensées

 

Mais sur ma page s'écrit une nouvelle

Comme un poème presque irréel

Une bercée de vie sur les eaux calmes et profondes

Du repos mérité et du temps d'aimer

Lentement chuchoté

Comme se chuchote le silence à la pressée du temps inavoué

 

Mais le temps n'est qu'un silence sur la page lorsque s'allonge la phrase

Un essentiel secret et impalpable

Une patience impatiente

Comme une amante bien aimée

Une voix perpétuée à l'encre bleue des tendresses

Une arrachée à la foulée du temps passé à l'imparfait

 

Mais il est tard sur le temps et je tourne ma page à l'angle du silence

Comme une phrase croisée de hasard et d'ombres éphémères sur la lumière du temps qui nous amarre.

 

Anne-Marie Dutilh

 

Selon le code de la propriété intellectuelle, tous droits réservés pour tous pays © Éditions L'Écritoire du Reguin.

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SI UN MATIN TU REVIENS...

2 Août 2021, 16:56pm

Publié par Anne-Marie DUTILH

SI UN MATIN TU REVIENS...

Si tu ne revenais jamais t'attarder à notre table 
Par résistance ou par pénitence
Je ferais de ton absence une épaisse habitude
Je garderais victoire au cœur
Le cliché passé du bonheur assis simplement à la cime de notre histoire 
J'enfouirais dans l'intimité de ma mémoire le souvenir brûlant
D'un homme exilé et d'une dame coite
Si tu ne revenais jamais
Souviens toi simplement du passé assis dans les brumes pâles de nos existences
Mais si un matin tu reviens attarder ton sourire à ma joue
Si la raison panse la brûlure
Si la sagesse apaise l'amertume
Si la bienveillance rapièce la déchirure 
Souviens toi simplement du passé assis dans les brumes pâles de nos existences
Et des jours à conquérir encore l'avenir...

 

Anne-Marie Dutilh

Selon le code de la propriété intellectuelle, tous droits réservés pour tous pays © Éditions L'Écritoire du Reguin.

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BULLE DE VERRE

5 Avril 2021, 18:50pm

Publié par Anne-Marie DUTILH

Il était une fois, posée sur l’angle d’une grande cheminée de pierre blanche, une bulle de verre habitée par un petit poisson. Une bulle cristalline et bien potelée. Une bulle de verre dans laquelle des enfants joyeux avaient créé un décor d’agates et de plantes de nylon. Un décor simple pour un petit poisson vermillon qui coulait des jours heureux. Un petit poisson énergique aux nageoires vaporeuses et transparentes. Un petit poisson prénommé Arthur.

 

Un matin alors qu’il se préparait à prendre son petit déjeuner, Arthur, senti dans sa bouche une chose étrange qui ne craquait pas sous la dent. Alors Arthur mordit plus fort mais rien n’y fit. Il du rejeter ce qu’il pensait être un aliment. Et oh! surprise lorsqu’il vit tomber dans l’eau claire de sa bulle de verre, une petite dent. Arthur venait de perdre sa première dent. Une dent de plancton comme on dit chez les poissons.

 

Alors ce soir, comme le lui a apprit sa maman, Arthur déposera, du bout des lèvres, avec une délicatesse non retenue, sa dent sur la feuille de son nénuphar. Et pendant son sommeil Rigolo, le chat qui rôde régulièrement autour de la bulle de verre prendra la dent et remettra à Arthur une pépite de daphnie.

 

Anne-Marie Dutilh

 

Extrait du recueil petites élégies profanes - dépôt légal 4ème trimestre 2002

 

Selon le code de la propriété intellectuelle, tous droits réservés pour tous pays © Éditions L'Écritoire du Reguin.

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LE PASSAGER ORDINAIRE

8 Mars 2021, 00:22am

Publié par Anne-Marie DUTILH

Ce n'est pas un passager ordinaire. Ce n'est pas un étranger apprivoisable. C'est un migrant opportuniste qui fait parler de lui avec antipathie. Il arrive en sourdine. Il avance à pas lent et déterminé. Rien pour le détourner. Rien pour le barricader. Rien pour l'arrêter. Pas de barrière. Pas de mur. Pas de barbelé. Il ne se présente pas. Il s'impose. Il ne choisit pas sa cible. Il n'a pas de cible. Tout être vivant est prévisible cible. Il n'a pas d'ennemi, pas d'ami non plus. Il fait son lit sans bruit dans le corps sage ou insoumis, tel un adopté indésirable, inévitable, tel un pieux compagnon d'avancé. Il n'abandonne ni le corps, ni l'âme, qu'il grignote sans complexe à petite lippée avec sa persistance déterminée.

Il y a les mots simples pour le nommer et tant de locutions complexes qu'il est difficile de se frayer un chemin sur le front obscur de son histoire. Il fait couler de l'encre ébène et des larmes cristallines. Il tourne la tête des explorateurs, ces sourciers qui scrutent en permanence l'intimité de la vie, et celles de ces émissaires éteints à la déclaration de cet envahisseur qui va réduire jusqu'à l'anéantissement sa cible.

Sur le mur de l'existence il grave son ardeur menteuse sans remord, sans scrupule et la cible choisie glisse lentement dans son histoire avec pour seul horizon, la persistance du sursis.

 

Anne-Marie Dutilh

 

Selon le code de la propriété intellectuelle, tous droits réservés pour tous pays © Éditions L'Écritoire du Reguin.

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LA FEMME CHAUVE

21 Février 2021, 10:06am

Publié par Anne-Marie DUTILH

Ce matin est un matin comme les autres matins. Enfin pas tout à fait. Depuis l'automne, quand l'aiguille diabolique s'était plantée, insidieusement, dans sa poitrine rien ne devait plus ressembler à rien. Surtout pas au passé. Et pourtant elle cheminait avec ce passager cloîtré sans complexe dans son corsage et sa horde de remèdes de haute voltige  prédiquant une hypothétique guérison . Ce matin là,  comme les autres matins elle glissa ses longs doigts raidis et ridés par les années défilées, dans sa chevelure un peu blonde, un peu grise, blond-grisé peut-être. Et même si elle savait son avenir. Si elle était préparée à cette inéluctable séparation. Si elle l'attendait même avec une particulière attention, était-elle réellement prête à se soumettre de front à cette nouvelle physionomie, qu'elle découvrirait à travers le tain d'un miroir. Crâne déserté, glabre, nu, comme le crâne d'un enfant nouveau né. A peine une brève réflexion, la décision était prise, demain elle serait la femme chauve. Sans tristesse, sans angoisse, sans ombre, sans soleil, elle ferait tondre sa toison protectrice et découvrirait sa tête nue qu'elle coifferait d'un chapeau de feutre noir pour protéger sa matière grise des morsures de hiver, en attendant un nouveau printemps.

C'est une évidence le printemps revient toujours après l'hiver.

Anne-Marie Dutilh

 

Selon le code de la propriété intellectuelle, tous droits réservés pour tous pays © Éditions L'Écritoire du Reguin.

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L'OPUS DU SONGE

1 Février 2021, 00:30am

Publié par Anne-Marie DUTILH

Que tous ceux

Qui ont frôlé l'université de son regard

Caressé l'épigraphe de ses secrètes pensées

Ne puissent jamais l'oublier

 

Que tous ceux qui ne l'ont pas su l’apprennent

 

L'amour plus puissant que toute force de vivre

L'éternité phare apostolique de l’existence

Ne connaissent pas le blasphème des frontières du silence

 

A l'opus du songe

Qui sait draper d'obscur

Ses longs doigts de lumière agrippés aux aiguilles du temps

Il n'est pas de temps mort

 

Alors

Apprendre au revers des ombres

Que tout est écrit

En symbole aux feux brûlants des mémoires

Et avoir encore la force d'y croire...

 

Anne-Marie Dutilh

Extrait du recueil à fil d'elle ©La Taverne aux Poètes - Angers - 1998 

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JE VOUS SOUHAITE...

1 Janvier 2021, 00:01am

Publié par Anne-Marie DUTILH

JE VOUS SOUHAITE...

Je vous souhaite des rêves à n'en plus finir et l'envie furieuse d'en réaliser quelques uns.
Je vous souhaite d'aimer ce qu'il faut aimer et d'oublier ce qu'il faut oublier.
Je vous souhaite des passions, je vous souhaite des silences.
Je vous souhaite des chants d'oiseaux au réveil et des rires d'enfants.
Je vous souhaite de respecter les différences
 des autres, parce que le mérite et la valeur de chacun sont souvent à découvrir.
Je vous souhaite de résister à l'enlisement, à l'indifférence
 et aux vertus négatives de notre époque.
Je vous souhaite enfin, de ne jamais renoncer à la recherche, à l'aventure, à la vie, à l'amour, car la vie est une magnifique aventure et nul de raisonnable
 ne doit y renoncer sans livrer une rude bataille.
Je vous souhaite surtout d'être vous, fier de l'être et heureux, car le bonheur est notre destin véritable.

Jacques Brel

Vœux de Jacques Brel, sur Europe 1, le 1er Janvier 1968

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L'AIGUILLE

25 Novembre 2020, 09:00am

Publié par Anne-Marie DUTILH

L'AIGUILLE

Elle m'a piquée par hasard. […].Un soir d'octobre, salle des pas perdus, nous avons fait connaissance. Elle s'était façonné en silence un lit douillet sous mon aile et profitait de mon innocence pour sceller sa place dans mon corsage. Je m'en suis fait une compagne de passage, une passagère insolite.  Je me suis apprivoisée à sa présence invisible comme une discrète complice, une douce habitude. […]. Je l'ai prise par la main, comme j'aurai pris une enfant égarée. Sa main est une aiguille émoussée, une pince rugueuse, une griffe coriace et indolore, une javeline rude, obstinée, incisive. Elle s’agrippe, se cramponne  avec une affective certitude. […]. Alors nous cheminons ensemble le sourire en coin. Peu importe ses intentions nous sommes unies pour le meilleur ou pour le pire, pour une villégiature temporelle, condamnées à déambuler ensemble sur ce chemin chaotique. 

Alors ensemble, nous irons jusqu'au bout...

Anne-Marie Dutilh

Selon le code de la propriété intellectuelle, tous droits réservés © Editions L'Écritoire du Reguin

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LA FEUILLE

11 Novembre 2020, 01:00am

Publié par Anne-Marie DUTILH

LA FEUILLE

Une feuille croustillante m'attend ce matin sur le tapis douillet du jardin d'automne. J'aimerais l'enlacer de mes doigts endurcis, charnières rongées par la rouille des années. L'effleurer, serait une offense, une inconsolable souffrance. [...]. J'ose une caresse de mes yeux gris plutôt que bleus pour soulager les meurtrissures de sa chute vertigineuse. Et lentement des mots gris-bleus glissent de mes yeux et se posent sur les courbes d'or de son âme. Elle s'anime d'une joie enfantine, et moi je reste là,  émerveillée à la regarder sourire, à l'écouter savourer ce petit  bonheur matutinal. 

Nous irons plus loin ensemble dans la lumière de ce jour unique.

 

Anne-Marie Dutilh

Selon le code de la propriété intellectuelle, tous droits réservés © Editions L'Écritoire du Reguin

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